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Risque d’invasions de criquets pèlerins au Maroc

Le risque d’invasions de criquets pèlerins n’a jamais été aussi élevé au Maroc depuis des décennies.

Le criquet pèlerin est le ravageur migrateur le plus destructeur au Monde. Un individu est capable de consommer son propre poids en végétaux chaque jour et il peut se déplacer en essaims de plusieurs millions d'individus.

Vous comprenez donc pourquoi cet insecte a contribué à de nombreuses crises alimentaires dans l’Histoire et est même cité dans le Coran et la Bible.
Sans revenir aussi loin, en 2019-2020, une invasion de criquets pèlerins avait dévasté l'Afrique de l’Est avec notamment 200 000 hectares de terres agricoles complètement détruites en Ethiopie.

Au 20ème siècle, le Maroc a connu 5 grandes invasions dont la dernière date de 1987-1989 qui avait nécessité la mobilisation de moyens matériels et financiers considérables (1 milliard de dirhams) pour traiter 5 millions d’hectares.

Heureusement depuis, les criquets pèlerins n’ont engendré aucune destruction significative au Maroc grâce à une expertise nationale forte et précoce dans la régulation de ce ravageur.

Mais la situation n’est plus aussi sereine depuis mars 2025.

Il faut d’abord savoir que le cycle biologique du criquet pèlerin se sépare en 3 grands stades :
1 – l’œuf
2 – les stades larvaires, qui sont déjà des insectes capables de se déplacer en bandes de plusieurs millions d’individus
3 – le stade adulte quand l’insecte acquiert ses ailes définitives. C’est ce stade qui est le plus dangereux. Un seul kilomètre carré d’essaim peut contenir 80 millions d’adultes et consommer en une journée la même quantité de nourriture que 35 000 personnes !

En mars 2025, ce sont essentiellement des stades larvaires qui ont été repérés dans la vallée du Draa et du Ziz.
Mais depuis quelques semaines, c’est le stade adulte, bien plus problématique, qui est repéré dans les provinces sahariennes du Maroc, notamment à Dakhla.

Pourquoi un tel développement ?
Contrairement aux années précédentes, la saison pluvieuse 2025/2026 a été particulièrement abondante au Maroc. La végétation, et donc la disponibilité de nourriture pour le criquet, ont ainsi été inhabituellement abondantes.

Il faut donc espérer que les opérations de lutte remplissent leur rôle et que la météo des prochains mois soit sèche sur les zones sahariennes pour limiter le développement des criquets.

Analyse par Ali Hatimy

Publication originale sur LinkedIn le 12/03/2026

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